Participation d’un membre étudiant à la conférence Canadian Association of African Studies
Un texte de Roussel Lalande Teguia Kenmegne, candidat au doctorat en sciences géographiques à l’Université Laval
La conférence Canadian Association of African Studies (CAAS) a eu lieu à l’Université de Toronto, Scarborough, du 3 au 6 juin 2025, sur le thème « Making, Unmaking, and Remaking Africa ».
Durant ces journées intenses de réflexion, j’ai eu le privilège de présenter, modérer et échanger autour de thématiques majeures au cœur des transformations écologiques et sociales du continent africain :
Communication : J’ai partagé les résultats de ma recherche sur la gouvernance conflictuelle des mangroves de Douala (Cameroun), mettant en lumière les tensions entre acteurs, les régimes de normes superposées et les enjeux de résilience socio-écologique dans ces écosystèmes fragiles.

Panel : J’ai co-organisé et contribué à la session sur la gouvernance durable des ressources naturelles et la préservation des forêts africaines, aux côtés de collègues de l’Université Laval, de l’UCAD (Sénégal) et de Sonfonia (Guinée).
Modération : J’ai également eu l’honneur de présider une session sur les défis socioécologiques liés à l’exploitation des ressources naturelles, où les échanges ont porté sur les mines, la souveraineté environnementale, et les perspectives d’industrialisation durable en Afrique de l’Ouest.
Ces discussions ont renforcé une conviction : penser l’avenir de l’Afrique exige de réconcilier développement, justice environnementale et intelligence territoriale, en valorisant les savoirs ancrés localement et les formes émergentes de gouvernance collective.
Résumé de ma communication : Dans un contexte régional alimenté par la multiplication des tensions liées à l’accès, à l’usage et au contrôle des ressources naturelles, les mangroves de la ville de Douala offrent un terrain d’observation intéressant pour appréhender la conflictualité socio-environnementale à l’échelle locale. À partir du cadre d’analyse stratégique des acteurs (ASGE) et d’une méthodologie mixte, alliant analyse spatiale diachronique (1990-2024), observations sur le terrain et 26 entretiens semi-dirigés, cette recherche propose une lecture renouvelée des tensions socio-environnementales entourant la gestion des mangroves à Douala. En mettant en lumière la diversité des modèles d’action organisés et dispersés, les résultats démontrent que la dégradation des mangroves de Douala ne résulte pas uniquement de l’urbanisation anarchique et du manque de régulation étatique. En effet, elle est surtout la conséquence de stratégies concurrentes d’acteurs porteurs de visions divergentes et disposant de pouvoirs inégaux, dans un contexte caractérisé par la fragmentation institutionnelle et l’absence d’un cadre de gouvernance unifié. Ce diagnostic invite ainsi à reconsidérer la gestion des mangroves non pas seulement comme un défi écologique, mais comme une question éminemment politique et stratégique, exigeant des dispositifs capables de dépasser les logiques sectorielles pour construire des accords partagés sur l’avenir de ces écosystèmes.
