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Comprendre la fermeture de l’incinérateur des Carrières..

Comprendre la fermeture de l’incinérateur des Carrières : le rôle des changements sociaux et politiques dans la désindustrialisation des environnements urbains

Contrairement à une grande partie des villes industrialisées, Montréal n’incinère plus ses déchets solides depuis plus de trente ans. La ruine urbaine de l’incinérateur des Carrières rappelle que la Ville de Montréal a elle aussi choisi de brûler ses déchets ménagers pendant la majorité du 20e siècle. Cet article explore les facteurs qui expliquent le délaissement de cette technologie de traitement des déchets. Pour ce faire, il étudie le cas de l’incinérateur des Carrières, ouvert en 1969 et fermé en 1993, dernier représentant de l’incinération des déchets solides à Montréal. À partir de documents d’archives et d’entretiens, l’article décèle plusieurs causes complémentaires pour expliquer sa fermeture : un manque d’investissement et d’entretien, un contexte économique difficile obligeant à des arbitrages territoriaux déchirants, la concurrence de sites d’enfouissement périphériques peu réglementés, un mouvement anti-incinération influent, un changement de pouvoir à la mairie marqué par des priorités différentes ainsi que la gentrification des quartiers adjacents à l’incinérateur. Cette étude de cas, à la croisée de l’histoire des environnements urbains et des études sur la désindustrialisation, raconte la cuisine d’une politique publique environnementale à l’échelle municipale. Elle contribue aux connaissances sur la désindustrialisation en insistant sur le rôle des administrations municipales et des changements urbains dans la fermeture d’usines de traitement de déchets, menant à l’exportation des conséquences environnementales des modes de vie urbains vers des territoires périphériques sacrifiés.   (Hatton-Proulx, 2025)

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